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MEMORY LANE
LOS ANGELES PAR FABRICE DU WELZ

LOS ANGELES, DES LUMIÈRES ET DES OMBRES

Fabrice Du Welz raconte son Los Angeles. Celui dont il est tombé amoureux sur le tournage de Message from the King.

FABRICE DU WELZ

«Los Angeles a été un choc et une révélation. D’est en ouest, du nord au sud, la ville est un assemblage incroyable de quartiers, de communautés et de cultures. Une ville plombée par un soleil noir, peuplée de fantômes, d’illuminés et de postulants à la gloire en quête d’or et d’absolu.
Une ville qui sent l’orange et le jasmin, dépravée, criarde, pleine de panneaux publicitaires et de surenchère vulgaire. Une ville comme un cri, construite dans un désert, faite de rêves et d’illusions, malpropre et tellement propre à la fois. C’est une ville absolument moderne, une ville paradoxe où le pire côtoie le meilleur. L’Eden et l’enfer.
Un endroit où il est possible de skier le matin et de finir la journée à la plage.
Une ville sauvage pleine de pulsions, une terre de contrastes, aux allures de paradis terrestre, prête à être engloutie à n’importe quel moment et qui s’étend inexorablement sur le fil ténu d’une démesure baroque.
L.A. c’est déjà Blade Runner et c’est une ville que j’aime. Profondément

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INSPIRATIONS POUR


MESSAGE FROM THE KING


PAR FABRICE DU WELZ

HARDCORE

de Paul Schrader

C’est un de mes films préférés. Il contient tout ce que j’aime au cinéma, un personnage en proie à une grande confusion existentielle perdu dans un monde interlope et sauvage et qui cherche une issue mystique à sa quête. La représentation du L.A. des années 80 par Schrader est phénoménale de réalisme et absolument terrifiante.

THE LONG GOOD FRIDAY

de John MacKenzie

Grand film injustement peu connu, film de gangsters anglais par excellence porté par des acteurs de génie, Helen Mirren et Bob Hoskins en tête, THE LONG GOOD FRIDAY est essentiel au film noir contemporain.
Un film visuellement sobre, froid et réaliste qui nous plonge dans les tourments d’un homme qui veut s’affranchir des frontières entre l’ancien et le nouveau monde.

SHAFT

de Gordon Parks

Comme pour GET CARTER, le film est devenu un classique, principalement pour sa dimension sociale et documentaire d’un New-York qui n’existe plus aujourd’hui. Un des films essentiels de la Blaxploitation transcendé par un acteur fascinant, Richard Roundtree et une B. O. d’exception composée par Isaac Hayes.

CHINATOWN

de Roman Polanski

À mes yeux, personne mieux que Polanski n’a dépeint, compris et transcendé aussi justement L.A. Comprendre L.A., c’est regarder CHINATOWN cent fois pour finalement se dire que la clef de l’énigme est contenue dans la conclusion du film : « Forget it Jake, it’s Chinatown. »

GET CARTER

de Mike Hodges

Pratiquement ignoré à sa sortie, GET CARTER est aujourd’hui un film monument, un filmsocle du « revenge thriller » anglais. Un film à la grande valeur sociale, historique et quasi documentaire qui nous plonge dans une Angleterre sordide et populaire. (Hodges était surtout un documentariste.)

Disponible le 4 OCTOBRE en BLU-RAY, DVD et VOD

« Quand il pleut, l’eau ne lave rien : l’odeur d’égout persiste, et Jacob King apprend, à ses dépens, que Los Angeles est une ville pieuvre, qui se referme sur ses victimes. Dans les saunas, les McDo, les motels pourris, les claques sordides, voici la lie de la terre. C’est beau. C’est affreux. C’est du sacré cinéma. Mieux : du cinoche d’enfer. » - L'OBS

COMPLÉMENTS

■ Making-of

■ Commentaire audio de Fabrice Du Welz et Manuel Chiche